SCULPTURE

1994-2000

LE CORPS COMME une histoire inconnue d’un territoire imprécis, un récit intemporel.

En évoquant d’autres modes de rapport au temps et à l’espace, mes premières sculptures, sans typologie particulière, furent le moyen de goûter, tel un transfuge, à l’altérité qui est en nous. Elles furent conçues comme autant de rencontres avec l’inconnu.

2001-2003

LE CORPS COMME un témoin suspendu qui disparaît.

Au cours des années, la forme figurative de mes sculptures s’est peu à peu dissoute, faisant référence aux mutations d’un monde où frontières et limites s’estompent, basculent et se redéfinissent perpétuellement.

2004-2005

LE CORPS COMME une diffusion, une forme effilochée, un volume incernable au contour imprécis.

Le décloisonnement du monde en donne une nouvelle lecture, il sollicite par les turbulences une vision trouble. À la juxtaposition d’univers cernables succède l’appréhension globale proche d’une perception nébuleuse que j’ai voulu représenter par des corps au contour indéfini.

2006-2007

LE CORPS COMME une membrane poreuse, une paroi aux multiples fenêtres la fin d’une exiguïté.

Cherchant à sortir de l’exiguïté du volume délimité, fermé, mes sculptures sont devenues poreuses. Ouvertes à l’espace, la circulation des échanges entre l’intérieur-extérieur conduit à la continuité possible des différents milieux.

2008-2010

LE CORPS COMME un dialogue, une relation d’interdépendance avec son environnement.

Le dialogue engagé entre l’environnement et les sculptures poreuses m’a conduite à utiliser la photographie jusque-là parallèle à mes recherches. Celle-ci contribue à l’élaboration d’images d’estompage du corps, tout en brouillant les axes fixes de nos représentations.

2011-2012

LE CORPS COMME un monde où les axes se croisent.

Regarder l’horizon a guidé l’humanité dans ses trajectoires. Aujourd’hui, toutes les représentations de notre globe terrestre nous renvoient à la relativité de l’infini. Le monde clos où le temps se vit dans l’instant nous pousse au regard surplombant pour comprendre non pas où nous allons mais où nous sommes en gardant notre axe.
La présence du corps demeure de la verticalité à l’horizontalité.

2013-2015

LE CORPS COMME une boussole, un point définissable dans l’espace.

La ligne d’horizon qui a guidé nos déplacements dans l’espace, relayée par la cartographie, est maintenant remplacée  par Internet  matérialisé par un écran vertical. Sorte d’entonnoir entre  deux espaces, physique et numérique, face à l’écran notre corps dans son histoire demeure un seul point fixe.

2016

LE CORPS COMME une membrane colonisée par une multiplicité de codes, support d’images.

Les révolutions numérique et technologique ont généré un nouvel espace, Internet, sur lequel se (re) joue différemment l’existence humaine. Entre flâneur, chercheur, consommateur, « arboreur », communicateur, le corps de l’usager s’efface, s’oublie tout en captant une multitude de données, d’images qui s’incorporent. La densité physique des corps connectés se dissout dans une absence/présence.

2017

Le corps comme un instrument d’action et de réaction face à un espace numérique bidimensionnel. Animer ou réanimer la surface glacée des images numériques, fac-similés d’une réalité fragmentée, décontextualisée. La série « animato » ne donne pas à voir l’image du corps humain mais sa trace incluse et donc délimitée dans une surface d’image Google d’impression numérique. « animato » cherche à mettre en tension la transition entre la restitution du geste physique incertain et la linéarité programmée de l’impression numérique d’une image Google.

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